Élections : les changements arriveront avec Biden

Clémence Bertrand
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Clémence Bertrand23 octobre 202020 VuesDernière mise à jour :Il y a 1 mois
Élections : les changements arriveront avec Biden

Élections présidentielles américaines – Quel sera le visage de la politique étrangère que le candidat démocrate Joe Biden dessinera s’il remporte les élections présidentielles du 3 novembre ? Va-t-il suivre les traces de son prédécesseur Donald Trump, ou va-t-il changer la position de l’Amérique sur de nombreuses questions mondiales ?

Pour de nombreux spécialistes des affaires américaines, si Joe Biden veut réussir sa mission, il ne doit pas voir le monde tel qu’il était à la fin de son mandat avec le président Barack Obama en 2016 et non pas tel qu’il est aujourd’hui, et il ne doit pas se contenter de revenir à la normale.

Quels changements arriveront à la politique étrangère américaine si Biden remporte les élections présidentielles ?

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Une nouvelle méthode pour traiter les questions internationales pourrait être lancée par Joe Biden s’il est élu le nouveau président des États-Unis dans les élections en novembre prochain. Le candidat démocrate veut restaurer le leadership de son pays dans le monde et ouvrir une nouvelle page de relations avec d’autres grands pays comme la Chine et la Russie, ainsi qu’avec l’Union européenne.

“La crédibilité et l’influence des États-Unis dans le monde ont diminué depuis que le président Obama et moi avons quitté le pouvoir”, indiquait Joe Biden dans le bulletin des Affaires étrangères au début de l’année 2020.

Il a promis qu’il travaillerait “pour conduire à nouveau l’Amérique dans le monde. Sur de nombreuses questions, la contradiction avec Trump est claire.”

Biden espère rejoindre « l’Accord de Paris sur le climat » retiré par le président républicain Donald Trump, puis rétablir les relations avec l’Organisation mondiale de la santé, abandonnées au plus fort de la pandémie de Coronavirus.

Il propose d’organiser un « sommet des démocraties » dès la première année de son mandat présidentiel pour faire briller l’image des États-Unis et réaffirmer son adhésion au multilatéralisme après avoir été attaqué pendant quatre ans, puis un rapprochement avec des alliés occidentaux qui ont été maltraités par la diplomatie de Trump.

Faire face à la montée de l’autoritarisme :

Célia Belin de la Brookings Institution estime qu ‘”il y a un danger” que Joe Biden (77 ans) voie le monde tel qu’il était à l’expiration de son mandat et non pas tel qu’il est aujourd’hui, et que l’idée de simplement “revenir à la normale” le changerait.

“Mais le monde a changé et Trump a changé la donne sur tant de questions que ce n’est plus possible”, a-t-elle déclaré à l’AFP.

Pression continue sur l’Union européenne :

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“En général, je ne pense pas que la politique étrangère de Biden sera une refonte de la politique étrangère à l’époque d’Obama”, a déclaré Katrina Mulligan de l’American Progress Center, qui est proche des démocrates.

“Cette présidence devra à nouveau faire face à la montée de la tyrannie et au fait que la démocratie ne se développe plus dans toutes les régions du monde”, a-t-elle ajouté.

De son côté, le ministre d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune a averti que le vieux continent ne devrait pas envisager, en cas de changement, que “la situation sera telle qu’elle était avant l’élection du président Trump“.

Il a ajouté aux journalistes à Washington : “Je pense que certaines tendances vont se poursuivre dans la présidence Trump, comme la pression sur l’Union européenne concernant sa participation aux efforts de défense et la fermeté dans le domaine du commerce et de la confrontation avec la Chine d’une manière ou d’une autre”.

Guerre froide entre Pékin et Washington :

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Outre leurs styles contrastés et leurs tactiques différentes, Biden et Trump se rencontrent sur un certain nombre de questions majeures.

Trump, un nouveau venu en politique, a tenté de “mettre fin aux guerres sans fin” et a commencé, sans consultation, le retrait des troupes de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

Quant à Biden, il assumera le poste avec un lourd fardeau après avoir voté surtout en faveur de la guerre en Irak en 2003. Mais il a admis que c’était une “erreur” et a changé de position avec l’opinion publique exprimant un ennui croissant avec l’interventionnisme américain.

Par conséquent, il est peu probable que Joe Biden envoie de grandes forces en Afghanistan et s’appuie plutôt sur les missions des forces spéciales dans la lutte contre le terrorisme.

Biden, qui représente une classe dirigeante qui espère depuis longtemps que la Chine se tournera vers la démocratie, profitant de son ouverture économique, a également changé de position à cet égard, tandis que Washington et Pékin sont apparemment confrontés à une nouvelle guerre froide.

 

Biden efface-t-il tout ce que son prédécesseur a fait pour repartir de zéro, s’il remporte les élections présidentielles ?

Le candidat démocrate insiste désormais sur le fait que “les Etats-Unis doivent être fermes avec la Chine”, comme s’il cherchait à éviter les critiques de Trump, qui l’accuse d’être “faible” et facilement manipulable.

Bill Burns, un ancien diplomate qui dirige maintenant la Fondation Carnegie pour la paix internationale, estime que la gestion de cette compétition stratégique déterminera « le succès ou l’échec de la politique étrangère américaine ».

Reste à savoir si Biden dépendra en cas de sa victoire en marge des manœuvres créées par l’actuel président, vis-à-vis de la Chine, du commerce et de la confrontation nucléaire avec l’Iran ou la Corée du Nord, ou que, comme le demandait Célia Belin, “il aura tendance, comme Trump l’a fait, à effacer tout ce que son prédécesseur a fait pour repartir à zéro ?

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