Erdogan : a transformé la Sainte-Sophie en mosquée

admin11 août 2020361 VuesDernière mise à jour :Il y a 1 an
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« Les pays occidentaux doivent résister devant l’impérialisme d’Erdogan »

« Les pays occidentaux doivent résister devant l’impérialisme d’Erdogan »

La décision du président turc de transformer l’ancienne Sainte-Sophie en mosquée confirme sa violente précipitation et son agression contre les pays occidentaux. Ils doivent enfin en assumer les conséquences et tenir tête à Erdogan sans faiblesse, estiment Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, dirigeants de SOS Chrétiens d’Orient.

Benjamin Blanchard et Charles de Meyer sont respectivement directeur général et président de SOS Chrétiens d’Orient.

La réislamisation de la basilique Sainte-Sophie en Turquie a une signification politique, symbolique et religieuse. Avec ce geste, le président turc Recep Tayyip Erdoğan lance une nouvelle provocation à la tête de l’Europe, qu’il continue d’insulter et de menacer. Il détruit le puissant symbole de la Turquie prétendument laïque et nationaliste de Mustafa Kemal dit Atatürk.

Ce dernier transforme en 1934 l’ancienne basilique, devenue mosquée depuis la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, en un musée ouvert à tous et illustrant une partie du patrimoine mondial de l’humanité. Atatürk était proche du mouvement des Jeunes Turcs qui a inventé et réalisé le génocide des chrétiens en Turquie, les qualifiant comme ennemis de l’intérieur depuis 1915. Il a lui-même compris, cependant, que cette basilique byzantine ne pouvait pas être transformée en mosquée sans insister sur la volonté d’effacer toute présence chrétienne en Turquie.

  • La Turquie renoue avec ses rêves millénaires en attaquant régulièrement la souveraineté des îles grecques adjacentes à son territoire.

« Les pays occidentaux doivent résister devant l’impérialisme d’Erdogan »

En démystifiant cet héritage, Erdogan perpétue le mythe – très puissant dans son pays – de l’éveil de l’Empire ottoman en répandant la religion musulmane dans tous les coins de son territoire. Extérieurement, il prétend aussi être un opposant à une Europe assimilée au christianisme dit « islamophobe ».

L’Europe a longtemps considéré avec douceur la Turquie comme un partenaire crédible, même en tant que membre potentiel de l’Union européenne, bien qu’elle occupe la moitié de Chypre, membre des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’OTAN. Pour aggraver les choses, la Turquie renverse ses rêves millénaires en attaquant régulièrement la souveraineté des îles grecques adjacentes à son territoire.

Au fil des décennies, Bruxelles a dépensé des centaines de millions d’euros pour promouvoir les « bonnes pratiques démocratiques », sensibiliser Ankara aux questions des droits de l’homme ou soutenir la cause des femmes. Bruxelles s’est également appuyée sur la Turquie comme gardienne des frontières de l’Europe.

C’était l’époque où les décideurs politiques turcs entraient dans « l’Islam du marché ». Sans rien nier en substance, leur idéologie inspirée du mouvement des Frères musulmans, ils portaient des vêtements occidentaux pour faire des affaires et de la diplomatie en Europe. C’était une charia dans un costume et une cravate qui rendait les technocrates heureux en imaginant que les fonds européens n’étaient pas gaspillés.

  • Le gouvernement turc n’hésite pas à soutenir les groupes terroristes islamistes en Syrie ; ou un groupe extrémiste et ultranationaliste comme « les loups gris » en Europe.

Erdogan : a transformé la Sainte-Sophie en mosquée

En fait, les droits de l’homme ne se sont pas développés plus que le cas des femmes. Le prétendu partenaire, Erdogan a exercé à plusieurs reprises des pressions sur l’Europe en faisant le chantage aux « migrants ». Le président de la Turquie a permis à des masses d’immigrants illégaux, dont plusieurs terroristes, de traverser les frontières de l’Union européenne.

En ce qui concerne le Chypre et la Grèce, la Turquie intensifie désormais ses opérations et empiète sur son territoire pour accroître son influence sur les conquêtes de ces anciens empires ottomans.

Dans le même temps, Ankara alimente le feu du conflit en Syrie afin d’éliminer la population kurde sous prétexte de combattre les groupes armés du PKK, tout en cachant mal sa volonté d’annexer la partie nord-est du pays. Pire encore, le gouvernement turc n’hésite pas à soutenir les groupes terroristes islamistes en Syrie ; ou un groupe extrémiste et ultranationaliste comme « les loups gris » en Europe. La Turquie intervient en Libye pour contrôler le flux pétrolier.

Erdogan a reçu de l’Union européenne les fonds qu’il attendait. Peut mettre en œuvre sa politique. Le sultan a laissé tomber la cravate.

Les juges turcs ont accepté d’annuler le décret de 1934 pour légitimer la conversion de la basilique Sainte-Sophie en mosquée. Ainsi, le 10 août 2020, à l’occasion du centenaire du traité de Sèvres, qui a consacré le démantèlement de l’Empire ottoman, il pourrait valoir la peine de s’appuyer sur le droit international et l’histoire pour mettre fin à l’impérialisme turc de plus en plus belliqueux.

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