Pandémie: la malbouffe a-t-elle aggravé la situation

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2020-12-10T17:18:14+00:00
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admin10 juin 2020233 VuesDernière mise à jour :Il y a 4 mois
Pandémie: la malbouffe a-t-elle aggravé la situation

Malbouffe et mode de vie sédentaire … ont aggravé la pandémie

Comme le montrent de nombreuses études, les patients chroniques sont morts beaucoup plus de  la pandémie de Covid-19 que les autres. Le développement de l’obésité, du diabète, du cancer, de l’hypertension … est directement lié à des facteurs environnementaux que la politique de santé publique ne prend pas en compte.

Une pandémie peut parfois en cacher une autre, plus profonde et moins visible. Parce que le virus Sars-CoV-2 s’est développé sur un sol fertile, il s’est propagé dans la dérive de notre société riche, son modèle agro-industriel et la pollution chimique. Pendant plusieurs décennies, les maladies dites de civilisation telles que l’obésité, le diabète, l’hypertension ou le cancer ont explosé à cause de notre mode de vie – malbouffe, stress, mode de vie sédentaire. Ils nous ont rendus ensemble plus vulnérables aux chocs, moins résistants aux virus.

On estime que 90% des personnes décédées de la pandémie de Covid-19 avaient une ou plusieurs maladies associées. Les patients atteints de maladies chroniques sont plus susceptibles de souffrir de complications. Début avril, une étude publiée dans la revue Obésité a révélé que 75% des patients admis en réanimation au CHU de Lille étaient obèses et que 85% des patients obèses sévères devaient être intubés.

Pandémie: la malbouffe a-t-elle aggravé la situation

En d’autres termes, non seulement l’âge était important, mais avant tout la santé métabolique des personnes infectées. Et les obèses et les diabétiques, même les plus jeunes, étaient en première ligne. Ils ont souffert, selon les mots d’Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses, “un massacre, véritable anxiété”.

Reporterre revient sur ces éléments, ce qui a révélé de façon creuse la faiblesse de la politique de santé environnementale. Aujourd’hui en France, la moitié des personnes de plus de 15 ans sont en surpoids. Un adulte sur six souffre d’obésité. Entre 2003 et 2017, les maladies cardiovasculaires ont augmenté de 171%, le diabète de 94% et le cancer de 49%. Un autre scandale encore plus grave est lié à la gestion des hôpitaux néolibéraux, au manque de masques ou au manque de tests. la pandémie de Covid-19 le met à la lumière du jour.

Le système productiviste et de consommation dans lequel nous sommes plongés rend les gens malades et donc plus vulnérables aux pandémies. Il tue indirectement et face à cela, les gouvernements successifs se contentent depuis des années de formules d’incantation, sans s’attaquer aux véritables causes du mal qui consume les sociétés occidentales.

  • “Chez les personnes obèses, l’exacerbation de Coronavirus est plus nette et plus rapide”

Pandémie: la malbouffe a-t-elle aggravé la situation

Fin mars, les professionnels de santé ont déclenché l’alarme. À l’hôpital, ils ont vu une population extrêmement délicate et en surpoids. “C’était très frappant”, raconte Cyrielle Chaussy, docteur au CHU de Lyon. Tous les cliniciens ont partagé l’observation, tant dans le service de pneumologie que dans l’unité de soins intensifs. Nous entendons également la grippe H1N1, dans laquelle nous avons déjà observé la survenue de personnes obèses. ”

Cependant, en mars, il y avait un manque de données pour évaluer ce phénomène. “Les recherches proviennent principalement de cohortes chinoises, elles n’ont pas pris en compte l’indice de masse corporelle, et la population chinoise compte nettement moins de personnes obèses”, a expliqué le médecin. De nombreuses enquêtes ont par la suite été ouvertes en France, en Europe ou en Amérique du Nord. Leur rapport a été unanime.

Avec son équipe, Cyrielle Chaussy a enquêté sur les cas de 340 patients hospitalisés à Lyon. Les personnes obèses sont deux fois plus nombreuses dans les unités de soins intensifs que dans la population générale. A Lille, le professeur et chirurgien François Pattou a posé le même diagnostic. L’utilisation de la ventilation artificielle chez les personnes obèses affectées par la pandémie de Covid-19 est sept fois plus courante que chez les patients de poids normal. “Indépendamment du diabète ou de l’hypertension, l’obésité est un facteur de risque en soi”, a déclaré un chercheur de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

C’est pour plusieurs raisons: en cas de surpoids, le corps du diaphragme fonctionne mal, donc les patients sont moins armés lorsqu’ils sont en insuffisance respiratoire. Leur système immunitaire est également moins efficace. De plus, un excès de graisse provoque une inflammation chronique impliquée dans le développement d’un certain nombre d’anomalies métaboliques. “Chez les personnes obèses, le resserrement de la pandémie de Covid-19 est plus net et plus rapide”, a expliqué François Pattou.

Au Royaume-Uni, une étude de 5 683 décès dans les hôpitaux du NHS (National Health Service) rapporte un nombre important. Les personnes atteintes de diabète sont 2,4 fois plus susceptibles de mourir de la pandémie Covid-19. Les patients obèses jusqu’à 3 fois plus. 64% des décès concernent des personnes en surpoids. 74% souffraient d’hypertension.

  • « Il va falloir mener une révolution dans nos modes de vie »

L’explosion des maladies chroniques ne vient pas de nulle part. C’est directement lié à notre style de vie. “Nous avons déformé tout ce que nous bougeons, consommons, travaillons. Les obèses sont les premières victimes. Ils appartiennent aussi souvent aux populations les plus défavorisées et les plus pauvres », explique Gabrielle Deydier.

Plusieurs études ont montré que l’exposition aux agitateurs endocriniens et aux pesticides augmente le risque d’obésité. Comme la pollution de l’air et les aliments ultra-transformés.

“Au lieu de stigmatiser l’obésité, nous avons mieux abordé les causes environnementales de ces maladies chroniques”, explique le toxicologue André Cicolella. Cela est d’autant plus nécessaire que la pandémie de Covid-19 ne sera pas la dernière des pandémies et que sans action, nous courons le risque de devenir de plus en plus sensibles aux épidémies infectieuses de faible intensité. ”

Grâce au réseau Santé et Environnement, le médecin nous invite à changer de paradigme: “Nous avons l’intention d’augmenter les salaires des infirmières et des employés des hôpitaux, c’est formidable, mais nous traitons ce problème jusqu’au bout. Encore une fois, nous n’empêchons pas. Comment a-t-on expliqué que les hôpitaux pouvaient être submergés? Pourquoi avons-nous plus de patients? Nous devons offrir une vision globale de la santé qui ne se limite pas au système sanitaire. ”

La bataille s’annonce rude. “Nous touchons au mal profond, directement lié aux intérêts économiques”, souligne Laurent Gerbaud professeur et épidémiologiste. Si les coûts de l’obésité sont colossaux chaque année, les bénéfices de l’industrie alimentaire ou du lobby automobile le sont aussi! Pour être plus résilient, nous devrons faire une véritable révolution dans notre mode de vie. Concevoir des villes où la marche et le vélo seront une priorité, où les enfants pourront jouer dans la rue, assurer un revenu universel pour que chacun puisse acheter des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique … Ce n’est pas seulement de l’utopie, c’est une nécessité sanitaire. “

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