Les arbitrages du Grenelle contre tous les violences conjugales

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Les arbitrages du Grenelle contre tous les violences conjugales

Les arbitrages du Grenelle contre tous les violences conjugales

Secret médical, prise en compte de l’emprise… le gouvernement a bien fait le détaille de ses mesures contre tous les violences conjugales. Or tout ce qui concerne les questions de budget, la déception risque fortement d’être au rendez-vous.

Entrée de l’emprise dans aussi bien le code pénal que le code civil, aménagement du secret médical, prise en charge des auteurs de violences conjugales… Le premier ministre a bien présenté à Matignon, aujourd’hui le lundi 25 novembre 2019, les arbitrages qui concerne le gouvernement à l’issue du Grenelle des violences conjugales entre les couples, près de trois mois après le lancement. Aux côtés de plusieurs ministres, Edouard Philippe a bien insisté sur « les dysfonctionnements dont nous n’avons pas jusqu’à aujourd’hui voulu prendre conscience ».

Notamment, les chiffres sont en effet sans appel. D’après l’Observatoire national des violences faites aux femmes, au moins deux cent vingt mille femmes majeures sont victimes de violences au sein du couple chaque année. L’année dernière, cent vingt et femmes ont été malheureusement tuées dans le cadre de la violence conjugale, et vingt-huit hommes, selon les données officielles. Un bilan macabre qui s’est élèvé, pour cette année, à cent trente-huit femmes tuées toujours dans le cadre de la violence conjugale, d’après le collectif Féminicides par compagnons ou ex, qui les recense sur sa page Facebook.

  • Une grille d’évaluation des dangers pour les gendarmes et les policiers :

Au fil des semaines, le gouvernement, et en particulier la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a déjà annoncé un certain nombre de mesures.

Parmi ces mesures, figurent notamment la décision de faire le réquisitionnement des armes à feu des hommes qui ont déjà fait preuve de violence « dès la première plainte » et aussi l’élaboration d’une grille d’évaluation du danger destinée aux gendarmes et aux policiers qui se chargent de l’accueille des femmes victimes, présentée conjointement le vendredi dernier avec le ministre de l’intérieur.

  • Un meilleur accueil des victimes

A part ce dispositif, qui est vivement salué par toutes les associations, le premier ministre a annoncé lundi la création de quatre vingt postes d’intervenants sociaux supplémentaires dans les commissariats et les brigades, d’ici à l’an deux mille vingt et un, pour assurer l’amélioration de l’accueil des femmes victimes. Actuellement, ils sont deux cent soixante et onze – le renforcement constitue donc une hausse de trente pour cent des effectifs, d’après le discours de Matignon.

Sur le volet de l’accompagnement des victimes, le premier ministre a indiqué que la plate-forme téléphonique 3919 – Violences femmes info, géré par la Fédération nationale solidarité femmes, serait à l’avenir accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre heures, sept jours sur sept jours, ce qui n’est pas malheureusement le cas aujourd’hui.

Edouard Philippe et Marlène Schiappa ont bien présenté à Matignon, lundi 25 novembre 2019, les arbitrages du gouvernement à l’issue du Grenelle des violences conjugales. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP.

  • L’aménagement du secret médical

Le 29 octobre 2019, les onze groupes de travail du Grenelle, qui rassemblaient les acteurs concernés par la lutte contre les violences à l’égard des femmes, avaient bien présenté une soixantaine de recommandations. Edouard Philippe en a retenu plusieurs. C’est le cas de la notion d’emprise, encore vu qu’elle est largement méconnue, qui sera prise en compte dans le code civil et pénal. Avec la création de l’incrimination du suicide forcé, ce choix illustre bien la forte volonté du gouvernement pour mieux prendre en compte les violences à caractère psychologiques, au cœur des violences au sein de tous les couples.

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