Que pourrait faire Macron face au racisme ?

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2020-12-07T10:05:01+00:00
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admin15 juin 2020255 VuesDernière mise à jour :Il y a 8 mois
Que pourrait faire Macron face au racisme ?

Racisme et violence policière : Macron pourra-t-il apaiser les tensions ?

Alors que le discours présidentiel devait être consacré principalement au développement du déconfinement et à la reprise de post-crise sanitaire, Emmanuel Macron est actuellement la cible de prescriptions politiques contradictoires en raison des événements récents.

  • Comment Macron a réagi face aux racisme et violences policières : 

Lorsque vous êtes au Palais de l’Elysée, la capacité d’avoir de la perspective est essentielle. Sortir des problèmes de la vie quotidienne des Français, s’inquiéter d’abord de l’histoire, du fameux “cap” que le président entend tracer pour les mois ou les années à venir. La trajectoire actuelle d’Emmanuel Macron, essentiellement tirée par les conséquences de la crise sanitaire que nous venons de traverser, est choquée par des questions intimement liées, racisme et violence policière.

Depuis le meurtre de George Floyd aux États-Unis et le déclenchement subséquent de manifestations dans le monde, le chef de l’État a rencontré une série d’ordres contradictoires. Cette fois, cependant, le fait qu’elles contribuent à la nécessaire reprise de son mandat de cinq ans face au choc social et économique à venir complique considérablement la situation.

Tout en s’adressant solennellement au pays pour la quatrième fois depuis le début de l’épidémie de coronavirus, Emmanuel Macron tentera-t-il de calmer le nouvel habitat de tension ?

  • Mobilisation des jeunes urbains

Que pourrait faire Macron face au racisme ?

D’une part, et les rassemblements du samedi en sont une illustration supplémentaire, il y a des jeunes urbains multiethniques convaincus du cas de la famille d’Adam Traoré. Mobilisés contre le racisme et les violences policières, qu’ils jugent aussi courants en France qu’aux États-Unis, ils attendent d’Emmanuel Macron un mot fort sur ces sujets.

Depuis le déclenchement de cette nouvelle crise, outre Donald Trump, de nombreux homologues occidentaux du président français ont exprimé leur solidarité avec le mouvement antiraciste. Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré cette semaine qu’il ne pouvait ignorer le sentiment “indiscutable” d’injustice ressenti par certains de ses compatriotes. La chancelière allemande Angela Merkel, en distinguant la société américaine de la sienne, a qualifié le meurtre de George Floyd de “terrible” dans une interview télévisée et a fermement condamné le racisme.

Emmanuel Macron, quant à lui, n’en a parlé que par l’intermédiaire (pour l’instant) du porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Ce dernier a fait savoir mercredi, après le Conseil des ministres, que le président, Emmanuel Macron  avait appelé à “ne pas conclure” en matière de “racisme” et de “discrimination”, “le fléau qui est une trahison de l’universalisme républicain”.

Le problème est que certaines des demandes des militants les plus engagés, en particulier Assa Traoré, semblent difficiles à satisfaire. Cela vaut notamment pour l’implication directe de la détentrice des sceaux Nicole Belloubet dans la gestion des dossiers judiciaires, y compris la séparation des pouvoirs.
  • Des policiers mécontents

Que pourrait faire Macron face au racisme ?
Cet ordre a pour conséquence : de ne pas aliéner la police, dont les représentants syndicaux ont exprimé des conflits sincères et massifs avec le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Quelques jours après la première mobilisation le 2 juin devant un tribunal judiciaire parisien, il a été lancé de face par l’Elysée pour tenter de calmer les choses. En particulier, en abordant la question du racisme dans la police après la divulgation de plusieurs médias sur le sujet.
Au lieu de cela, son intervention du 8 juin n’a pas répondu aux exigences des jeunes mobilisés, tout en donnant à certains policiers l’impression qu’elle avait été “abandonnée” par son autorité suprême. Manque de fonds, marge de manœuvre pour lutter contre la criminalité, formulation maladroite de ce qui peut constituer une “suspicion avérée” d’actes ou de propos racistes … Tout cela a contribué à créer un écart entre la base et le sommet, même au plus fort de la crise des gilets jaunes. La place Beauvau s’est avérée particulièrement uni avec la police.
En conséquence, les actions – approuvées ou non par les centrales syndicales – se multiplient, et la collecte des brigades de nuit sous l’Arc de Triomphe samedi en est le dernier exemple.
  • Des oppositions politiques aux aguets

Enfin, il existe des prescriptions politiques, probablement les plus classiques. De part et d’autre, la France rebelle et le Rassemblement national sont entrés dans la brèche de manière prévisible : le premier appel à une répression renforcée des activités racistes dans la police, et même les seconds à être moins armé, ce dernier réclamant la démission quasi immédiate de Christophe Castaner.
Au Parti socialiste, comme dans Les Républicains, les positions sont plus diverses. Dans les deux parties, les personnalités ont pris la parole pour condamner toutes les importations du modèle américain de multiculturalisme en France.
En revanche, certains, comme l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, demandent un changement de nom des chambres et des rues qui rendent hommage à Jean-Baptiste Colbert. Un personnage historique qui cristallise la colère. Le principal éditeur du Code noir, a également été le bâtisseur de notre pays tel que nous le connaissons aujourd’hui, ce qui a contribué à faire de la France du XVIIe siècle une puissance leader en Europe.
Difficile d’imaginer Emmanuel Macron s’attaquer au problème du modèle de société qu’il veut pour la France sans son flash-back. D’où la probabilité d’un discours centré principalement sur la crise sanitaire, ses victimes, le déconfinement et la préparation de la suite. Interrogé dimanche, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a déclaré qu’il attendait “des paroles fortes et honnêtes sur ceux qui sont partis”. Peut-être le chef de l’Etat s’y tiendra-t-il, ne serait-ce que pour gagner du temps grâce à une reprise plus globale (et forcément plus ambitieuse) de l’été.
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