The Electric State est un film de science-fiction ambitieux réalisé par Anthony et Joe Russo, sorti en 2025 et distribué par Netflix. Avec un budget estimé à près de 320 millions de dollars, il s’impose comme l’une des productions les plus coûteuses jamais lancées par la plateforme. L’histoire se déroule dans une version alternative des années 1990 où les robots, autrefois compagnons des humains, sont devenus des symboles d’un monde en déclin.
Le récit suit Michelle, une adolescente orpheline incarnée par Millie Bobby Brown, qui traverse un paysage post-apocalyptique pour retrouver son frère disparu. Elle est accompagnée d’un robot géant appelé Skip, vestige d’une guerre technologique, et d’un mystérieux mercenaire nommé Keats. Le film mêle road movie, drame existentiel et science-fiction mélancolique, le tout inspiré du roman illustré de Simon Stålenhag.

Casting principal The Electric State
| Acteur / Voix | Rôle | Description courte |
|---|---|---|
| Millie Bobby Brown | Michelle | Jeune fille en quête de son frère dans un monde ruiné |
| Chris Pratt | Keats | Guide mercenaire au passé trouble |
| Ke Huy Quan | Dr. Amherst / voix IA | Scientifique lié à l’origine des robots |
| Woody Harrelson | Mr Peanut (voix) | Robot charismatique à la philosophie ambiguë |
| Brian Cox | Pop Fly (voix) | Robot ancien et protecteur |
Le casting allie acteurs physiques et voix numériques, un mélange audacieux qui contribue à l’atmosphère du film. Millie Bobby Brown s’impose comme le cœur émotionnel de l’histoire, tandis que Chris Pratt apporte un contrepoint plus terre-à-terre et ironique.
Performances d’acteurs & dynamique
Millie Bobby Brown livre une interprétation sensible et nuancée, incarnant la solitude et la détermination avec intensité. Cependant, certains critiques lui reprochent un manque d’évolution émotionnelle. Chris Pratt, de son côté, reste fidèle à son style : charme désinvolte, humour discret et énergie constante.
Les voix des robots, interprétées par Woody Harrelson et Brian Cox, ajoutent une profondeur inattendue à l’ensemble. Les dialogues entre Michelle et son robot compagnon oscillent entre tendresse et désespoir, renforçant le sentiment de perte omniprésent dans le film. Malgré ces qualités, la direction d’acteurs est parfois inégale, ce qui nuit à la fluidité émotionnelle de certaines scènes.
Aspect visuel & production the Electric State
Visuellement, The Electric State est une véritable fresque cinématographique. Les paysages désolés, les néons pâles, les ruines industrielles et les robots abandonnés créent un contraste saisissant entre nostalgie et technologie. La direction artistique s’inspire des tableaux originaux de Stålenhag : chaque plan semble être une illustration vivante.
Les frères Russo s’appuient sur une palette de couleurs froides et poussiéreuses, évoquant une Amérique figée dans un futur alternatif. L’usage des effets spéciaux est impressionnant mais reste sobre : le film privilégie une atmosphère immersive plutôt que la surenchère visuelle. La bande-son, mélange de sons analogiques et d’orchestrations mélancoliques, accompagne parfaitement la lente dérive du récit.
Thèmes & enjeux
Le film explore plusieurs thèmes profonds :
- L’aliénation technologique, à travers les robots devenus symboles de solitude.
- La quête identitaire, avec Michelle cherchant son frère mais aussi un sens à sa propre existence.
- La mémoire et la perte, omniprésentes dans les paysages ruinés et les souvenirs effacés.
- La relation humain-machine, où l’empathie artificielle remplace peu à peu les liens humains.
Ces thématiques sont puissantes, mais certains spectateurs estiment qu’elles manquent de profondeur dans le scénario. L’œuvre tend parfois à survoler ses idées au profit de la contemplation visuelle. Pourtant, on ressent la volonté des réalisateurs de livrer un conte mélancolique sur la fin d’une ère.
Réception critique & public the Electric State
La réception du film a été particulièrement mitigée. Si la majorité des spectateurs saluent la beauté visuelle et l’univers poétique, les critiques professionnels pointent un manque de rythme et d’émotion. Sur les plateformes d’avis, The Electric State obtient en moyenne une note entre 3 et 3,5 étoiles sur 5 selon les sources.
Les principaux retours du public :
- Les points forts : ambiance visuelle spectaculaire, direction artistique unique, univers immersif.
- Les points faibles : rythme lent, intrigue parfois confuse, dialogues inégaux.
Certains critiques ont comparé le film à un conte illustré plus qu’à un récit narratif. On contemple, on s’émerveille, mais on peine à s’attacher. Cela dit, les fans du roman saluent la fidélité esthétique à l’œuvre de Simon Stålenhag, malgré des libertés scénaristiques.
Comparaison avec le roman
Le film adapte librement l’univers du livre illustré. Le roman mettait davantage l’accent sur la dimension poétique et introspective, tandis que l’adaptation Netflix tente d’ajouter une structure narrative plus traditionnelle. Cette volonté de rendre l’histoire plus accessible a conduit à la simplification de certains concepts, notamment les questionnements philosophiques autour de la mémoire artificielle.
L’un des défis du film était de traduire l’émotion visuelle du livre sans perdre sa subtilité contemplative. Sur ce point, la réussite est partielle : si le rendu graphique est splendide, l’émotion peine à suivre avec la même intensité.

Ce qu’il faut retenir
Les points forts :
- Esthétique rétro-futuriste magistrale
- Interprétation solide de Millie Bobby Brown
- Thématiques existentielles intéressantes
- Bande-son immersive
Les points faibles :
- Rythme lent et narration décousue
- Manque d’intensité émotionnelle
- Certaines scènes répétitives
- Adaptation trop lisse pour un univers aussi riche
Notre avis
The Electric State est un film paradoxal : splendide mais distant, philosophique mais inégal. Les frères Russo signent ici une œuvre ambitieuse, mais qui semble parfois écrasée par ses propres ambitions. Le spectateur se retrouve face à un univers d’une beauté rare, mais où l’émotion peine à percer sous la couche de perfection visuelle.
Ce n’est pas un échec, loin de là. C’est une expérience sensorielle, un film qu’on regarde comme une peinture mouvante plutôt qu’un récit classique. Ceux qui cherchent un divertissement rythmé risquent de s’ennuyer ; ceux qui aiment la science-fiction contemplative, à la manière de Blade Runner 2049 ou Annihilation, y trouveront une richesse visuelle inédite.
En définitive, The Electric State n’est pas un chef-d’œuvre, mais une expérience cinématographique singulière, à la fois poétique et imparfaite. Son message, sur la solitude dans un monde connecté, résonne avec une vérité troublante. Un film à découvrir avec patience et curiosité, pour sa beauté visuelle et son univers captivant.

Sebastien Folin Delpeche est un expert en cinématographie et séries reconnu. Sa passion pour le monde du 7ème art l’a mené à devenir un consultant pour des productions internationales, ainsi qu’à écrire des articles et à donner des conférences sur le sujet. Il est également professeur invité dans plusieurs universités en Europe et aux États-Unis.